[-] ponocrates@jlai.lu 2 points 7 hours ago

Personnellement, je déplore qu'il y ait trop de tromperies dans l'industrie agro-alimentaire. Tromper est même quasiment devenu leur cœur de métier : shrinkflation pour tromper sur les prix, colorants pour conditionner les clients, arômes à la place du vrai produit, produits gorgés d'eau...

Donc ça ne me choque pas qu'on refuse l'appellation "steak" à un produit qui n'est pas un "steak", même si je sais bien que cette interdiction n'est pas motivée par une éthique de la transparence.

D'autant que je ne pense pas que cela change grand-chose. Les personnes voulant éviter de consommer de la viande achèteront le produit, qu'il s'appelle "steak végétal" ou autrement. Et je crois qu'on peut rompre avec la culture de la viande autrement qu'en reprenant son vocabulaire.

[-] ponocrates@jlai.lu 3 points 6 days ago

pas de story instagram avec son iphone.

Voilà une excellente raison de nous passer de pesticides alors ! 😜

Justement, je répondais au titre de manière délibérément naïve parce que le vrai problème n'est pas de savoir si on peut cultiver sans pesticides. On sait très bien que oui. Les vraies questions sont plutôt de savoir si on est prêt à revenir vers une société plus agricole, moins productiviste, à dépenser plus pour se nourrir, à consommer moins de viande, à se détourner du superflu pour revenir à l'essentiel...

Je pense que l'enjeu n'est pas tant technique que socio-économique, politique et culturel.

[-] ponocrates@jlai.lu 2 points 6 days ago

L'agriculture existe depuis environ 12 000 ans. Les pesticides de synthèses existent depuis environ 150 ans. Donc, oui, on peut cultiver sans pesticides chimiques...

[-] ponocrates@jlai.lu 7 points 1 week ago

Pour moi, c'est uniquement une question de distanciation. On vouvoie pour maintenir une certaine distance, on tutoie pour la réduire.

Et les normes sociales font qu'on a plus ou moins de liberté pour choisir. Sauf exception, on va devoir vouvoyer son banquier ou son contrôleur fiscal, mais on va naturellement tutoyer ses amis et sa famille. Et, entre les deux, la norme est moins pesante et on aura davantage de liberté pour choisir, notamment, par exemple, avec ses collègues. Sachant que, par ailleurs, c'est une décision qui se prend évidemment à deux.

En tout cas, j'ai toujours trouvé absurde d'y mêler la notion de respect. Je tutoie mes amis, je tutoie ma femme, mais si je croisais la pire des ordures, je la vouvoierais parce que je n'aurais pas envie de familiarité avec elle. Pour moi, vouvoiement et respect sont totalement décorrélés et je ne comprends même pas comment on peut lier les deux.

[-] ponocrates@jlai.lu 3 points 1 week ago* (last edited 1 week ago)

Sylvain Cypel rappelle régulièrement ce proverbe utilisé en israël, et qui est un détournement d'un verset de la Bible : "ce qui ne s’obtient pas par la force s’obtient en usant de plus de force." Dans L'État d'israël contre les Juifs, il montre comment ce proverbe sert de ligne de conduite au pays.

Je crois que ces violences en sont une très bonne illustration. Face aux flotilles, israël n'envisage rien d'autre que recourir à toujours plus de force.

[-] ponocrates@jlai.lu 2 points 3 weeks ago

Au-delà de la question de la pertinence statistique, cela soulève surtout un gros problème démocratique.

Les sondages sont omniprésents – ad nauseam – dans le débat public et leur impact sur l'opinion est évident. D'autant qu'ils se parent d'un habit scientifique rassurant. On peut le déplorer, et c'est mon cas, mais c'est une réalité. Or, ces sondages ressemblent de plus en plus à des boîtes noires dont personne ne connaît le fonctionnement.

Leur prégnance dans le débat public avant et pendant les campagnes électorales, c'est-à-dire, en réalité, tout le temps, devrait entraîner davantage d'obligations pour les sondeurs. Les algorithmes de redressement et les IA utilisées pour le boost synthétique devraient notamment être totalement transparents, afin que des experts indépendants puissent éclairer le grand public quant à leur sérieux.

N'oublions pas qu'en 2017, déjà, une société d'analyse de données, Filteris, avait alimenté la campagne fillonniste en se cachant derrière une pseudo-scientificité. Nous ne sommes pas à l'abri que d'autres, un jour, en fassent autant en se cachant derrière leurs algorithmes et leurs IA.

ponocrates

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